Interview d’une Happy Yogi !

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Instagram a souvent du bon! Nous y avons rencontré Carole (du blog Smootheries) qui avait craqué sur l’un de nos tapis ! Bref, on a eu envie de papoter avec elle, du yoga et de la vie !

On a pu comprendre que le yoga et le sport sont arrivés à un moment un peu difficile de ta vie, de quoi avais tu besoin et comment as tu découvert le yoga ?

Bien que mes parents aient fait le maximum pour me faire découvrir un tas de disciplines sportives pendant mon enfance et mon adolescence, j’étais assez “nulle en sport”. Quand je suis entrée dans la vie active à 23 ans, je ne pratiquais aucun sport, fumais comme un pompier et me nourrissais principalement de pizzas.

Fin 2008, on m’a diagnostiqué un lymphome (un cancer du système lymphatique), et j’ai du suivre 9 mois de chimiothérapie, avec pas mal d’effets secondaires induits par la maladie et le traitement. Vers le milieu du traitement, bien que celui-ci fonctionne bien, je me sentais épuisée, déprimée, et pour la première fois de ma vie, j’avais envie de faire du sport, de retrouver un semblant de contrôle sur mon corps. J’étais aussi très stressée et angoissée, je faisais beaucoup d’insomnies… c’est donc naturellement que je me suis dit “je vais essayer de faire du yoga”. J’ai eu une chance dingue : j’ai juste regardé dans les pages jaunes pour trouver le studio de yoga le plus près de chez moi et j’en ai trouvé un à cinq minutes, qui proposait du hatha yoga et du yoga nidra (relaxation profonde). J’ai appelé la prof, elle m’a accueillie à bras ouverts : je me souviens encore de ce jour de mars 2009 où j’ai, pour la première fois, mis les pieds dans ce studio de la rue Daguerre, sans savoir l’impact que cela aurait sur toute ma vie.

Pourquoi as-tu voulu enseigner le yoga ?

Une fois que j’ai eu le feu vert de mon médecin pour reprendre le sport, je me suis précipitée dans une salle de Gym Suédoise, j’avais tellement envie de bouger ! Forte de cette motivation, je suis devenue animatrice de Gym Suédoise deux ans plus tard. En parallèle, je continuais de pratiquer le yoga, la méditation… et j’ai découvert des formes plus dynamiques de yoga, en particulier l’Ashtanga Yoga et le Vinyasa. A l’origine, enseigner le yoga ne me serait pas venu à l’esprit mais au fil des années, ça s’est imposé comme une évidence : j’animais des cours de Gym Suédoise depuis plusieurs années, ma pratique du yoga commençais à être assez solide et j’avais très envie de partager cela aussi. Je me suis donc inscrite à une formation de professeur de yoga à Paris en 2015.

Quel type de yoga enseignes tu ?

J’ai choisi d’enseigner le Yoga Vinyasa, c’est à dire une forme de yoga dynamique fondée sur la respiration et le mouvement (le nom exact qui figure sur mon diplôme est d’ailleurs “Vinyasa Flow”). J’aime beaucoup cette forme de yoga pour sa flexibilité : j’aime choisir des thèmes pour mes séquences, et les faire évoluer en même temps que la pratique de mes élèves évolue, ou selon le moment de la journée ou la période de l’année.

 

Ton conseil à ceux qui débutent le yoga ?

Prendre son temps et oublier son ego ainsi que toute notion de “réussite” 🙂 On a vite fait de vouloir aller trop loin, trop vite, et de ressortir blessé ou frustré. On commence souvent le yoga sans trop savoir ce que c’est, on y va pour se détendre, se ressourcer… et si on choisit un cours de yoga dynamique, tel que le Vinyasa, on découvre avec surprise une discipline physiquement exigeante, et parfois des postures “marrantes” qu’on a absolument envie de réussir. Je le dis souvent en plaisantant dans mes cours : vous êtes venus parce que vous étiez stressés, ne repartez pas avec “Réussir le poirier” sur votre todolist. C’est humain, on le fait tous ! Dans le yoga il y a une notion de patience, et aussi d’endurance : c’est à force de pratique régulière que la pratique physique évolue et progressivement, on voit aussi les effets bénéfiques sur le mental.

On mange quoi avant/après une séance de yoga ?

Tout dépend de l’heure où on pratique, mais la règle d’or, c’est de ne pas manger comme quatre juste avant ! De manière générale, j’aime bien pratiquer au moins 2h après un repas (pas trop lourd, sinon plutôt 3 à 4h !).  Si on pratique le matin, on peut le faire à jeun, ou alors manger quelque chose de sucré et léger juste avant si on préfère (une demie banane, quelques fruits secs…).

Idem pour la pratique du midi ou du soir : si on a assez d’énergie, on peut y aller sans manger avant, en comptant sur l’énergie du repas précédent et si on se sent un peu faiblard : quelque chose de très digeste et sucré (ça peut être une pomme, un jus de légumes ou un carré de chocolat noir).

Après la séance, je mange “normalement”, sachant que je suis végétalienne, ça veut dire des fruits, légumes, céréales, oléagineux… Ca peut aller de la salade composée au sandwich falafel, en passant par le buddha bowl ou le burrito avec guacamole ! Je veille aussi à beaucoup boire (de l’eau !) tout au long de la journée.

Ta recette vegan préférée ?

Une seule ? C’est hyper difficile ça ! Ce n’est pas forcément la recette la plus fine mais j’adore ma soupe dahl de lentilles corail : c’est l’une des recettes les plus faciles et rapides à faire de tout mon répertoire, ça plaît à presque tout le monde (il y a toujours quelqu’un qui n’aime pas le lait de coco ou le curry mais disons que 99% des personnes aiment), c’est nourrissant, digeste, épicé mais pas trop. C’est un bon plat de yogi, en fait. 🙂

La recette ? Je fais revenir un oignon et une gousse d’ail dans de l’huile (d’olive ou de coco), j’ajoute 300g de lentilles corail, 500g de tomates (concassées, ou en coulis, ou fraîches en été), 1 litre de bouillon de légumes, une briquette (20 à 25 cl) de lait de coco, une cuillère à soupe de curry et une cuillère à café de cumin. Après ébullition, je baisse le feu, et laisse cuire à ¾ couvert pendant une quinzaine de minutes. J’ajoute du sel si besoin (ça dépend du bouillon utilisé).

Pas très compliqué, non ? Dans les jours fastes, je sers ce dahl avec du riz, des tranches d’avocat et de la coriandre, et je presse du citron vert dessus.

Tu as un enfant, arrives tu à lui faire faire un petit peu de yoga ?

Ma fille de trois ans fait du yoga avec moi depuis sa naissance (depuis avant sa naissance, d’ailleurs, si on inclut le yoga prénatal) 🙂 Quand elle était tout bébé, ça consistait souvent à me regarder pratiquer, confortablement installée dans son transat entre deux tétées ou deux changements de couches, mais dès qu’elle a su crapahuter, elle a commencé à ramper sur mon tapis de yoga. Depuis peu, elle réclame “son” tapis quand elle me voit faire du yoga et elle essaie de faire comme moi. Ca ruine parfois un peu ma propre pratique – notamment quand elle décide de me piquer mes accessoires – mais c’est assez mignon pour compenser !

J’ai aussi acheté quelques livres de yoga pour enfant, de temps en temps on “joue” ensemble avec, on essaie de respirer, d’imiter des animaux : ça permet à l’enfant de se poser et de prendre conscience de son corps. A cet âge, il ne faut pas espérer mobiliser un enfant trop longtemps : en général au bout de 5 à 10 minutes, elle passe à autre chose !

On voit du yoga un peu partout sur les réseaux sociaux ces derniers temps, ça t’inspire quoi ?

Le yoga sur les réseaux sociaux m’inspire des sentiments mitigés, mais globalement positifs. Du côté négatif, il y a l’aspect le plus évident qui est que la pratique peut devenir un “show” de postures acrobatiques, et est complètement vidée de sa composante intérieure, qui est pourtant la plus importante.

Pourtant du côté positif, il y a aussi le fait que pas mal de gens découvrent le yoga par ce biais. Si au début, on est attiré par les belles postures et les beaux leggings, peu de personnes vont se contenter de tenter de reproduire une posture du corbeau sur le toit d’une voiture pour faire une belle photo Instagram. La plupart iront à des cours, et découvriront (j’espère !) plus que quelques asanas photogéniques.

Je me souviens qu’au cours d’une formation complémentaire pour professeurs de yoga, une prof déclarait ne pas se reconnaître dans le yoga des réseaux sociaux, parce que sa pratique à elle, c’était plutôt “Salutations au soleil en pyjama au pied de son lit” plutôt que “Posture du scorpion en bikini devant soleil se couchant sur l’océan”.

Personnellement, je pratique au réveil dans mon salon, pas maquillée, encore raide et de manière pas trop acrobatique de peur de casser ma télé en tombant, et c’est cette pratique que j’aime bien partager sur les réseaux sociaux.

Ton accessoire indispensable à ta pratique ?

Un tapis ! Je suis un peu pénible en tapis de yoga : pour des raisons d’hygiène et de confort olfactif, je n’aime pas du tout utiliser ceux qui sont en prêt dans les studios et comme en prime j’ai les mains moites dès la première salutation au soleil, je suis particulièrement exigeante sur le fait que le tapis ait une bonne adhérence. Du coup je trimballe toujours un tapis avec moi : en vacances, en weekend, au bureau…

J’aime beaucoup utiliser d’autres accessoires, tels que briques, sangles, roue de yoga… mais je peux faire sans. En revanche sans tapis, c’est compliqué !

Quelles sont tes actus ?

Avec des amies profs, nous avons créé un groupe qui s’appelle les Happy Yogis in Paris : ensemble, on essaie d’organiser régulièrement des ateliers de yoga sur des thèmes variés (les prochains auront lieu les 11 juin – Backbends – et 9 juillet – Inversions) et nous avons pour projet à court terme de créer une chaîne pour proposer des vidéos de yoga accessibles à tous.

MERCI Carole 🙂 

(Carole a aussi parlé de ses impressions sur notre tapis de yoga Tanger juste ici : http://smootheries.fr/category/yoga/pratique-yoga/)

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